Première Nuit

Première Nuit est une performance musicale et théâtrale issu de la rencontre entre l’ensemble Grand8 et l’auteur, comédien et metteur en scène Congolais Julien Bissila.

Force d’un électrochoc entre un texte, son auteur, et les 19 musicien·nes de Grand8.
Force d’une puissance musicale rapportée par les 19 instruments et celle, solo, d’une voix inscrite dans le vif du vécu de l’auteur.
Force d’un contraste choisi et assumé.
Ouvertures sur les imaginaires sonores et poétiques.

Julien Bissila
©Clara Lafuente

Depuis sa création, Grand8 se nourrit de rencontres riches et variées : danse, peinture, calligraphie… Cette année, c’est une nouvelle expérience de fusion, inédite pour l’ensemble, avec un texte et son auteur. L’intention directrice du projet est de rassembler les forces artistiques de l’écrit, de la parole, de la voix, avec celles du sonore et de l’improvisation.

Comment faire musique ensemble ?
Le « pas de côté »… Pour Grand8, cela veut dire travailler avec la matière texte, signifiante, alors que l’univers habituel de l’ensemble est familier de l’abstraction. Pour Julien Bissila, le pas de côté amène à rompre le temps, la linéarité du texte, la logique narrative pour aller chercher d’autres rythmes, d’autres matières.
Le texte « Première Nuit » préexiste à ce travail, figé dans le marbre de sa propre partition. L’enjeu est d’en faire un matériau, un réservoir de potentiels sonores et de sens qui puisse être pleinement utilisé sur le mode de l’improvisation. De ces pas naîtra le rapprochement des deux univers.

Une première rencontre, informelle, nous a permis de formuler plusieurs hypothèses de recherche.
Recherche sonore : les mots utilisés comme matière abstraite, rythmique, boucles, inversion, jeux de vitesse… L’intégration mobile de la parole au sein de petits ensembles pensés comme des combinaisons multiples (le « narrateur » avec deux violoncelles, ou trois saxophones, ou deux chanteuses, ou, ou, ou…) permettent autant de couleurs et d’arrangements imaginés comme des partitions instantanées d’orchestres agiles.
Recherche d’espaces : tout d’abord des espaces physiques spécifiques, pouvant constituer différents tableaux à travers la mobilité de tous les artistes au plateau. Mais aussi des espaces sonores, avec des zones de voix acoustiques, des zones microphonées, permettant de jouer sur les couleurs et les dynamiques, sur les plans proches ou lointains du texte et du son.
Recherche d’unité : voix musicale, parlée, chantée, instrumentale, pour une écriture et un texte réinventés dans l’instant. Toutes voix improvisées.
Les sons, les mots s’entrechoquent, s’enlacent, s’attirent, se respirent, se fondent, s’aimantent, s’harmonisent, se frottent, se portent, s’expirent.
On peut ainsi imaginer un ensemble où chaque musicien parle un langage qui lui est singulier, où l’auteur comédien parle sons, nous plongeant dans l’expérience de l’universel.

Première Nuit tente une nouvelle narration, un chemin entre l’abstraction du sonore et le signifiant du mot, un endroit où chacun·e pourra activer sa propre histoire en puisant dans son imaginaire.

Une production
G
rand8
Théâtre la Cité – Marseille – 
www.theatrelacite.com