Aujourd’hui, Grand8 réunit principalement des musiciens de Marseille et sa région, avec également quelques membres plus éloignés (Nantes, Crest, Bruxelles, Berlin). Elles et ils se regroupent autour de l’idée cruciale et majeure de jouer, une musique, improvisée, en grand ensemble, avec la conscience de l’orchestre.
Singularité et différence, similitude et accord sont là, au service de tous et de chacun pour construire et faire : Grand8 pourrait s’apparenter à une sorte d’organisme sonore, un corps issu de la somme d’un tout. Il laisse et fait circuler, tels les systèmes vitaux du corps humain, les énergies individuelles et communes. Il conjugue avec jubilation une, des, musiques organiques et vivantes, il s’ouvre à, et échange avec, ce qui l’entoure.
L’écoute est au centre. Elle guide et permet un équilibre entre la construction minutieuse et la spontanéité, entre la maîtrise et l’aléatoire, entre l’organisation orchestrale et sa transgression.
L’objet échappe au contrôle individuel, mais reste sous une maîtrise collective. Chacun est responsable du tout, et tous sont épris de liberté. Expérience de l’individu dans l’ensemble et de l‘ensemble dans l’individu.
Grand8 se plaît à cheminer sur les voies qui privilégient le parcours à la destination. L’idée du « sans chef d’orchestre » oblige les musiciens à bâtir un commun, tout en étant volontaires, aventureux, curieux et rigoureux. La parole devient abondante et collégiale. Elle est indispensable pour évoquer la musique, le fonctionnement humain, les choix d’organisation.
Au-delà des paramètres de la musique, du son, et de leurs traitements, l’ensemble aborde les questions de l’espace, du corps, du mouvement, de la présence. Il spatialise le son, et chorégraphie l’espace avec délectation.
Grand8 parle aussi d’émancipation musicale, interroge au-delà même de la musique sur l’organisation d’un groupe d’individus. Il s’engage à rechercher la parité musiciennes-musiciens, quels que soient leur outil ou leur pratique. Il prend un contre-pied-de-nez au contexte économique qui oblige trop souvent à penser des ensembles musicaux de taille réduite.

Grand8 croise et rencontre

– Invitations de musiciens de passage aux journées de répétition : ils amènent d’autres ouvertures dans le travail.
– Invitation d’autres grands ensembles : d’abord avec l’AaPI, ensemble drômois, sous la forme d’un échange aller-retour (concert à Félines en octobre 2018, puis au GMEM Marseille en janvier 2019). Plus récemment avec l’invitation du UN (Bordeaux, avec notamment Jérôme Noetinger, Lionel Marchetti, Sophie Agnel, Claire Bergerault, Michel Doneda…) pour un concert-plateau de 35 musiciens au GMEM. Travailler avec d’autres grands ensembles nationaux et internationaux fait partie des objectifs ;
– Invitation d’autres disciplines : travail et performances avec des danseurs improvisateurs (Bernard Menaut, Isabelle Cavoit, Bertrand, Lombard, Blaise Powell…) ainsi qu’avec la plasticienne Eva Grüber Lloret (peinture sur le vif) et la calligraphe Christel Basset.

Grand8 organise et joue

Depuis septembre 2018 l’ensemble anime les , un concert de musique improvisée le premier vendredi de chaque mois à Musiques en Fabrique (Marseille). A ce jour, ce sont près de 10 Sessions qui ont eu lieu, avec des petites formes émanant de Grand8 + invités. De plus en octobre 2019, Grand8 a monté son premier festival : le Grand Vertige, 3 jours de concerts et performances entre le GMEM, Musiques en Fabrique et la Déviation.
Plus simplement Grand8 peut jouer comme il l’a fait au PIC-Télémaque (Marseille, 2017/2018/2019), à Apt (2016), à l’IMMS (La Friche Belle de Mai Marseille, 2018), à l’Imparfait (Festival des Musiques Insolentes, Cabasse, 2018).

Grand8 s’entoure

En plus d’une structure d’association, un collège d’observateurs a été réuni. Composé de gens du spectacle (comédiens, metteurs en scène, danseurs, costumière, administratrice de compagnies…), il est l’œil extérieur et critique qui questionne et suggère.